vendredi 19 octobre 2018

#Dossier du vendredi -Analyse des transformations Digitalisations = Créations d'Emplois ???


 
On oppose souvent aux discours alarmants sur les destructions d’activité et d’emploi par le progrès technologique l’argument de la « destruction créatrice ». Autrement dit, nous serions dans une phase de transformation, où tout se qui disparaît est appelé à renaître sous une autre forme. Mais la réalité semble aujourd’hui nettement plus complexe. 

Cette « destruction créatrice » a été théorisée par l’économiste autrichien Joseph Schumpeter dans son livre Capitalisme, socialisme et démocratie (Petite Collection Payot, 1951). Il explique que le capitalisme est d’une plasticité infinie. Le système capitaliste est capable, non pas de gérer les structures existantes, mais, par « des poussées disjointes », d’en créer de nouvelles, puis de les détruire (pp. 122-123).

Il réfute la thèse de l’épuisement du progrès technique parce que le capitalisme est soumis consubstantiellement à un processus d’évolution dont l’impulsion fondamentale est l’innovation. Le processus de destruction créatrice se déploie à long terme et, ce faisant, transforme de l’intérieur la structure économique « en éliminant les éléments vieillis et en créant continuellement des éléments nouveaux » (p. 122). Là est la source essentielle des gains de productivité.

L’apparition d’un nouveau produit, d’un équipement plus moderne ou d’un nouveau type d’organisation est d’abord un phénomène interne à l’entreprise. Il a pour effet de modifier les formes de concurrence sur le marché via son action sur la qualité et les coûts. Il ne s’agit pas de réduire ce processus à un simple phénomène de concurrence par les prix, puisque la destruction créatrice remet en cause « les fondements et l’existence même… des firmes existantes » (p.124).

Un ralentissement des gains de productivité malgré le numérique

Le contexte actuel, marqué par l’essor du numérique, fragilise cette théorie de la destruction créatrice. En dépit de l’introduction de nouvelles technologies innovantes et des opportunités d’automatisation des processus qu’elles ouvrent, les gains de productivité ralentissent : la croissance de la productivité a ainsi été divisée par plus de deux entre 1995 et 2015 (de 2,8 % à 1,3 %). Si l’on s’en tient aux chiffres, on pourrait donc dire que le progrès technique s’épuise.
Déjà, en 1987, l’économiste américain Robert Solow, lauréat du prix de la Banque de Suède en sciences économiques (l’équivalent du prix Nobel), s’étonnait que l’on « voit des ordinateurs partout, sauf dans les statistiques ». Une déclaration passée à la postérité sous le nom de « paradoxe de Solow ».
Alors, comment expliquer cette situation plutôt contre-intuitive ? Pour tenter de comprendre, des travaux récents ont analysé la relation entre modification du tissu productif et productivité du travail aux États-Unis. Outre-Atlantique, les jeunes firmes (0-19 ans) contribuent rapidement et fortement à la croissance de la productivité. Mais le différentiel par rapport aux firmes déjà installées et plus matures (20 ans et plus) diminue rapidement. Les deux tiers de l’effet s’effacent au bout de 5 ans et l’effet s’estompe complètement au bout de 10 ans.

Déclin du dynamisme entrepreneurial

Les gains de productivité sont également affectés par la démographie des entreprises, à savoir le processus entrée/sortie des firmes. Or, le taux d’entrée des nouvelles firmes diminue à partir du milieu des années 90, ce qui provoque une diminution du nombre d’entreprises dans tous les secteurs, y compris dans celui des Technologies de l’information et de la communication. Plus précisément, le taux de sortie dépasse nettement le taux d’entrée entre 2008 et 2011 et le taux de créations nettes demeure faiblement positif jusqu’en 2015. De nombreux travaux soulignent le déclin du dynamisme entrepreneurial et constatent que la part de l’emploi attribué aux firmes nouvelles a chuté de 30 % au cours des 30 dernières années.

Les auteurs cités distinguent deux périodes : 1996-2004 (forte productivité), 2005-2016 (faible productivité) et font deux constats. Le premier est que les innovations mises en œuvre à l’intérieur des firmes ont une influence beaucoup plus faible sur la productivité que celle des forces du marché qui s’exercent sur les jeunes firmes. En conséquence, les entrants peu compétitifs sortent très rapidement. Cela se traduit par un déficit du nombre des startups et par une concentration des pouvoirs de marché entre les mains des firmes les plus dynamiques et les plus productives. Dans la durée, ce déclin entrepreneurial doublé d’une domination de quelques « superstars firms » représenterait un freinage des gains de productivité d’environ 0,5 %.

Il faut toutefois prendre ces résultats avec des pincettes. D’autres études ont tenté de résoudre le paradoxe de Solow à partir de la démographie des entreprises, et les résultats ne font pas consensus. En cause : la difficulté de calculer la valeur ajoutée d’une entreprise à partir des données à disposition, généralement les comptes d’entreprises, sans parler de la difficulté de corriger, au niveau de chaque entreprise, les variations de la productivité de l’effet de la hausse des prix.

Grippage de la destruction créatrice

Néanmoins, on peut avancer que la dynamique de la "destruction créatrice" est bel et bien en train de se gripper. Deux constats : d’abord, les effets obtenus sur le marché ont une influence plus grande sur la productivité que les innovations produites à l’intérieur des firmes.
Le second constat est que les firmes les plus productives déjà installées n’ont pas gagné de parts de marché aux dépens des firmes les moins productives. On admet, parmi les firmes établies, que pour une firme qui accroît sa productivité, une autre firme voit sa productivité diminuer. Le blocage de la réallocation de la valeur ajoutée entre les firmes matures fait plus que compenser les gains de productivité modestes obtenus à l’intérieur des firmes.
L’économiste Patrick Artus explique de son côté le blocage de la dynamique par deux facteurs. D’un côté, les taux d’intérêt très bas réduisent fortement les charges d’intérêt des entreprises et ont permis artificiellement à des entreprises peu efficaces de maintenir leur activité. 
De l’autre, la stagnation des salaires et la déformation du partage des revenus en faveur des profits ont accru la profitabilité et ont contribué à maintenir en activité des entreprises faiblement productives, malgré un développement marqué des technologies numériques dans les pays de l’OCDE.

Ralentissement de la diffusion technologique

La question est celle de la dispersion croissante des gains de productivité entre les entreprises. Des travaux menés sur 40 pays et sur de nombreux secteurs indiquent l’existence d’une courbe en U, c’est-à-dire d’une « trappe à productivité » dont les extrêmes sont les jeunes firmes à faible productivité au départ, mais en croissance rapide, et les grandes entreprises à forte productivité. Les entreprises prises dans la trappe n’ont elles pas une taille différente des grandes entreprises situées dans le haut de la distribution. En revanche, elles souffrent d’une faible efficience de leurs inputs immatériels, notamment dans les activités intensives en connaissance et en technologie.

Cela s’explique par les stratégies des « firmes » qui bloquent la diffusion des connaissances et des technologies numériques en accaparant des parts de marché croissantes et en protégeant leurs actifs intellectuels (pratique attestée par la diminution de la vitesse des citations des brevets). Le ralentissement de la diffusion technologique accroît la dispersion des gains de productivité. 
Les données massives et les meilleurs outils pour les utiliser permettent aux firmes les plus dynamiques de rendre de meilleurs services et de renforcer leurs avantages. Elles s’inscrivent dans un cercle vertueux puisque cette stratégie permet de consolider leurs marchés, de rendre essentiels leurs produits et leurs services aux yeux des consommateurs, et de conduire à des situations quasi-monopolistiques en utilisant leur pouvoir de marché pour ériger des barrières à l’entrée et protéger leur position dominante. Soit le contraire de ce qu’imaginait Schumpeter, qui réduisait les pratiques monopolistiques à l’objectif de restreindre la production en augmentant les prix de vente.
  
Le passage à un nouveau régime technologique comporte un principe de sélection dans la mesure où certaines organisations se sont montrées capables de créer leur propre environnement. Elles se libérent ainsi de la contrainte de s’adapter en apprenant à organiser un tout finalisé qu’elles jugent et modifient sous le regard bienveillant des autorités de la concurrence.

La conséquence est un accroissement très significatif des coûts d’adoption de la technologie pour un grand nombre d’entreprises qui les engluent dans la trappe à productivité. En effet, les technologies numériques demandent un temps considérable pour être exploitées efficacement, probablement plusieurs années. Il faut atteindre des effets de seuil, et des investissements complémentaires sont nécessaires : reconception des processus, dépenses de formation, modification de la structure organisationnelle de l’entreprise, etc. En conséquence, le maintien dans l’arène de la concurrence nationale et internationale exige d’augmenter à la fois le stock de capital tangible et intangible à la disposition des entreprises.

source dossier: the conversation 

mercredi 17 octobre 2018

#Retraite Manifestation du 18 Octobre





Des millions d’euros pris dans nos poches ne sont pas perdus pour tout le monde : suppression de l’ISF, baisse de l’impôt sur les sociétés, baisse annoncée des cotisations patronales maladie etc….
Ces baisses de charges ne sont hélas pas synonymes de créations ou stabilisations des emplois fixes ou même revalorisations des salaires .

EXIGEONS : la suppression de la hausse de la CSG, la revalorisation de toutes les pensions, l’indexation des pensions sur les salaires, le maintien des pensions de réversion et la prise en charge de l’autonomie à 100% par la sécu et l’ouverture d’un droit universel dans le cadre du service public.

Tous les salariés ont le droit à une retraite ce n'est pas un vol que d'exiger une réelle équité et le respect d'un système que l'on supprime petit à petit.
 

lundi 15 octobre 2018

#Retraite a savoir - Reforme des retraites...

Retraites Les retraités de nouveau appelés à manifester « massivement » le JEUDI 18 Octobre 

Le gouvernement a enfin dévoilé ses premiers arbitrages sur la réforme des retraites à l'occasion d'une réunion multilatérale mercredi 10 octobre au ministère des Solidarités et de la Santé. Le Haut commissaire à la réforme des retraites a confirmé la mise en place d'un système universel par points en lieu et place des régimes spéciaux, tout comme la fameuse décote imposée aux retraités faisant valoir leurs droits avant 63 ans.
Neuf syndicats et associations de retraités appellent, vendredi 12 octobre, à manifester "massivement" le 18 octobre dans toute la France, pour la quatrième fois en un an. Ils protestent contre les choix budgétaires du gouvernement qui mettent selon eux les "pensions en danger".

Pour sa part, la CGT n'est pas ressortie rassurée par ces annonces : « quel montant de pension et à quel âge ? » persiste à interroger la confédération qui estime qu'au-delà des principes généraux,  » le projet ne dit rien et n'apporte aucune garantie « . La CGT relève notamment que si le Haut commissaire et la ministre annoncent un maintien du niveau de cotisation (28 %) et de l'âge d'ouverture du droit à retraite à 62 ans, c'est pour faire croire que le nouveau système maintiendra le niveau de pension et l'âge de départ, avec un supplément de transparence. Mais la CGT affirme qu'il n'en sera rien. Dans un communiqué titré « Quand c'est flou… c'est qu'il y a un loup !« , la CGT explique que si l'on applique « les règles de la retraite complémentaire actuelle en points (Arrco-Agirc) à la totalité du salaire, une pension de 1600 euros passerait à 1000 euros« .
 

"Il faut arrêter d'emmerder les retraités", a déclaré Olivier Jouchter, de l'UCR-CGT, reprenant à son compte les propos d'Emmanuel Macron. Après les mobilisations de septembre 2017, mars 2018 et juin 2018, les organisations du "groupe des neuf" (CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR, LSR et UNRPA) entendent protester contre une politique qui risque de "les appauvrir".

Ils dénoncent une baisse de leur pouvoir d'achat
Leurs revendications, en revanche, se sont enrichies : à la hausse de la CSG, dont ils réclament la suppression, est venue s'ajouter la sous-revalorisation des pensions versées par l'assurance-vieillesse, que l'exécutif prévoit d'augmenter de 0,3% en 2019 et 2020, bien en deçà de l'inflation.
 Un "fait du prince" qui se traduira par "un recul manifeste du pouvoir d'achat des retraités", qui perdront l'équivalent d'un mois de pension en trois ans, dénonce Michel Salingue, de la FGR. Signe d'un mécontentement croissant, "l'appel s'étend à d'autres organisations" dans la fonction publique et le monde agricole.

Le "groupe des neuf" espère faire au moins aussi bien que le 15 mars, point culminant du mouvement, qui avait réuni des dizaines de milliers de personnes dans toute la France. 

-RDV LE JEUDI 18 OCTOBRE 2018 -


source: France Info et NVO - Octobre 2018


vendredi 12 octobre 2018

#Dossier du vendredi - Chiffre INSEE

 Dix ans après la crise, la France compte près de 9 millions de pauvres
 
 
 
Selon une première estimation de l'Insee, la pauvreté et les inégalités seraient restées stables en 2017 malgré une croissance économique robuste. L'embellie n'a pas permis de réduire le nombre de pauvres en France alors que la croissance s'essouffle déjà cette année. 
 
La lutte contre la pauvreté et les inégalités s'avère compliquée. Selon des estimations de l'Insee publiées le mardi 9 octobre, le taux de pauvreté monétaire serait stable à 14% de la population française en 2017. Les économistes de l'organisme de statistiques ont recensé 8,8 millions de pauvres en situation de pauvreté l'année dernière. Il y a 10 ans au moment de la crise, ce taux s'élevait à 13% de la population.

En dépit d'une croissance économique favorable et d'une baisse du chômage, le nombre de pauvres n'a pas reculé après une baisse en 2016 et deux années de hausse en 2015 et 2014. Alors que l'économie tricolore ralentit sérieusement cette année et que la politique fiscale du gouvernement en faveur des plus hauts revenus est régulièrement critiquée, cette situation préoccupante pourrait encore s'aggraver. Au mois de septembre, Emmanuel Macron a annoncé un plan pauvreté de 8 milliards d'euros répartis sur quatre ans. Dans son programme à l'élection présidentielle, l'ancien ministre de l'Économie s'était engagé "à faire plus pour ceux qui ont moins."  Au regard des explications avancées par l'Insee, le pari est loin d'être gagné pour le gouvernement.

Des effets contradictoires
La stagnation du taux de pauvreté, qui correspond à la proportion de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté monétaire (60% du niveau de vie médian) de 1.015 euros par mois en 2015, résulte de plusieurs effets contradictoires rappelle l'Insee. Si l'amélioration du marché du travail a pu permettre à un nombre de personnes de sortir de la pauvreté, cet effet a été compensé par un impact limité des transferts sociaux et fiscaux.
La baisse du taux de chômage en 2017 a permis à de nombreuses personnes éloignées de l'emploi de sortir du chômage. C'est par exemple le cas des chômeurs de longue durée, précise l'Insee. Le retour à l'emploi de ces personnes peut représenter un vrai calvaire : l'Insee souligne que le taux de chômage au sens du bureau international du travail (BIT) des chômeurs de longue durée a tout de même baissé pour la première fois depuis 2009.

Pour expliquer cette stagnation de la pauvreté, les économistes de l'Insee avancent deux principaux facteurs. La baisse des aides au logement de 5 euros par mois, décidée par le gouvernement d'Édouard Philippe en 2017, a clairement "pénalisé les ménages les plus modestes."  Et les choses ne devraient pas s'arranger. Dans son projet de loi de finances en 2019, le gouvernement a prévu de faire des économies très importantes (900 millions d'euros) sur les aides personnelles au logement (APL). Ce qui pourrait encore aggraver la situation des foyers les plus pauvres.
Par ailleurs, la baisse de l'impôt sur le revenu de l'ordre de 20% engagée par l'ancien gouvernement aurait bénéficié aux foyers de niveau intermédiaire. Comme le taux de pauvreté est défini en fonction du revenu médian, une hausse de ce dernier fait mécaniquement accroître le taux de pauvreté.

Les seniors frappés par la pauvreté

Avec près de 9 millions de pauvres, la pauvreté est loin d'être un phénomène négligeable. Parmi les populations fortement exposées figurent les seniors.

Dans une récente étude, le service de statistiques du ministère de la Santé (Drees) indique que "un tiers des seniors sans emploi ni retraite vivent en dessous du seuil de pauvreté".
Ils seraient ainsi 1,4 million âgés de 53 à 69 ans à connaître cette situation préoccupante. Le taux de pauvreté de cette catégorie s'élève à 32% alors que celui chez les retraités en emploi ou à la retraite atteint 7%. Les personnes vivant seules ou avec un conjoint également sans emploi ni retraite seraient confrontées à de plus amples difficultés. La multiplication des réformes sur les retraites ces dernières années avec le report de l'âge légal de départ ont modifié la composition de cette catégorie.
Les auteurs de la note expliquent le système socio-fiscal français a permis de diminuer le taux de pauvreté d'un tiers pour les seniors sans emploi ni retraite.

"Ainsi, sans transferts sociaux et fiscaux, 45,6% de ces seniors seraient pauvres, contre 32,1% après redistribution. En revanche, pour l'ensemble des seniors en emploi ou à la retraite, le taux de pauvreté recule de 9,9% à 6,7% après redistribution."

Stagnation des inégalités

Les résultats de l'Insee relatifs aux inégalités sont guère meilleurs. D'après les derniers chiffres encore provisoires, les disparités de niveau de vie mesurées par le rapport interdécile (*) seraient stables entre 2016 et 2017 tandis que le coefficient de Gini (**) augmenterait très légèrement (+ 0,002). Cet indicateur avait baissé en 2016 après deux années de hausse en 2015 et 2014. Cette stabilité des inégalités s'expliquerait également par une "moindre efficacité de la redistribution" soulignent les experts.
Récemment un groupe d'économistes composé entre autres de l'auteur du best-seller "Le Capital au XXIe siècle" Thomas Piketty, a indiqué que, malgré ses dysfonctionnements, le système sociofiscal français a contribué à diminuer les écarts de revenu disponible de 23% en moyenne sur la période 1990-2018.

Dans leurs travaux, les universitaires expliquent que "le principal vecteur de la progressivité des transferts vient des allocations logements, dont l'attribution se fait sous condition de revenu."

Les coupes drastiques prévues dans les APL par le gouvernement pourraient  encore assombrir le tableau de la pauvreté et des inégalités sociales françaises.

Source chiffre INSEE 
 

mardi 9 octobre 2018

#TRACT DU 09 OCTOBRE 2018




Alors que les attaques n’ont rarement été aussi nombreuses envers nos libertés individuelles et collectives, envers nos acquis ou nos conquis sociaux ; les salariés, les retraités, les privés d’emploi et les étudiants n’ont eu de cesse de se mobiliser tout au long de l’année, pour porter un autre projet de société, vecteur de justice sociale, de paix et d’amélioration de nos conditions de travail et de vie.
Ensemble, refusons d’être étranglés par la financiarisation de l’économie et mettons en avant nos propositions pour une réelle répartition des richesses.
Parce que le SALAIRE (pensions, revenus…) est l’une des préoccupations premières des salariés, retraités, privés d’emploi et étudiants; parce que  leurs augmentations est une obligation pour une vie décente, pour un réel financement de la protection sociale (retraite, sécurité sociale…), si chère et indispensable à toutes et tous, et ce tout au long de notre vie, allons tous ensemble à la bataille pour gagner notre dû !

La CGT revendique : le SMIC à 1800 € ; la réduction du temps de travail sans perte de salaire ; la retraite a 60 ans a taux plein…

Avec l’intersyndicale, la CGT appelle l’ensemble des salariés du public et du privé, à la grève le 9 octobre, afin de mettre en commun l’ensemble de nos revendications pour se donner les moyens de gagner : Protection sociale, emplois, salaires, pensions, conditions de travail, garanties collectives, services publics, libertés syndicales… Les bonnes raisons de se mobiliser ne manquent pas !


vendredi 5 octobre 2018

#Dossier du vendredi - Droit à la déconnexion : et s’il devait aussi s’appliquer durant les heures de travail ?

 



En 2016, la France légiférait sur ce qui semble désormais être une nécessité : la déconnexion. Si certains ont critiqué cette loi, tantôt pour son caractère liberticide, tantôt pour son caractère trop peu contraignant, une chose est sûre : elle a permis de lever le voile sur ce qui est en passe de devenir un sujet de société. Pour autant, au regard de certaines connaissances en neurosciences, cette mesure n'apporte que des réponses très superficielles à un problème grandissant.

Deux ans après le vote du droit à la déconnexion, la Silicon Valley vient de se mettre en ordre de marche : les prochaines versions android et iOS, présentes dans tous nos smartphones, devraient nous fournir des outils pour prendre conscience du temps que nous passons devant notre écran, et peut-être ainsi nous inciter à le limiter. Après avoir fourni tant d’efforts pour maintenir notre attention sur nos écrans, les GAFA semblent donc désormais vouloir nous aider à y résister !
 

Reconnaitre la vulnérabilité de notre cerveau face à la sur-connexion
Et en effet l'hyper-connexion ne concerne pas que les usages des emails en dehors des heures de travail, elle est également présente tout au long de la journée de travail. Et dans ce domaine, il faut l’admettre, les géants du digital ont évidemment une longueur d'avance sur nos législateurs. Tristan Harris, ancien ingénieur de Google, nous alerte depuis quelques années : nous sommes faibles dans la guerre qui a lieu entre nos cerveaux et le monde numérique.
Cette faiblesse provient du fait que l'attention est une ressource limitée et fragile. En effet, notre attention fonctionne comme un filtre à l’intérieur de notre cerveau. Elle sélectionne ce qui est important au détriment de ce qui ne l’est pas. Grace à elle, notre cerveau peut alors traiter uniquement les informations les plus pertinentes dans un contexte donné. Mais cette fonction ne dépend pas aussi souvent qu'on le croit de notre seule volonté. Et dans certains contextes, cela peut s'avérer très utile ! Ainsi, lorsqu’un élément extérieur survient, notre attention se porte automatiquement sur celui-ci pour nous permettre d’agir. C'est justement ce phénomène de capture attentionnelle qu'exploitent les fenêtres pop-up… Notre cerveau va alors utiliser des ressources cognitives pour traiter ce nouvel élément apparaissant dans notre environnement, ressources qui se déportent de la tâche en cours. Et cela a un coût, puisque ces interruptions, qu'elles soient voulues (comme dans le cas du fameux mais irréaliste “multi-tasking”) ou subies (comme avec les notifications), interfèrent avec notre mémoire de travail, favorisant ainsi le risque de surcharge cognitive  et diminuant nos performances ! [1]


Il faut protéger nos ressources cognitives par de meilleures pratiques de connexion
Nous évoluons désormais dans un monde de sollicitations permanentes, dans nos vies comme au travail. De plus en plus, la valeur créée par le travail repose sur le traitement d’un flux incessant d’informations. Or pour pouvoir capter, traiter, mémoriser ou restituer les informations utiles, il est essentiel de filtrer correctement ces informations. Une erreur serait de penser que plus d’informations circulant dans l'entreprise engendrent nécessairement plus d’efficacité. Or notre cerveau a des limites, et les environnements de travail qui ne les prennent pas en compte réduisent de fait notre bien-être et notre efficacité.
Il est bien sur évident que nous devons avoir la possibilité et les capacités de déconnecter en dehors du travail. La loi de 2016 a d'ailleurs pour objectif d'encadrer ces pratiques. Mais, il est tout aussi crucial d’apprendre à réguler ses pratiques de connexion durant les heures de travail ! En effet, nul n’est capable d’être entièrement attentif en réunion lorsque s'affichent à l'écran boite mail et/ou notifications des réseaux sociaux. Et cette problématique d'une concentration pleine et entière se pose également en dehors des salles de réunion. Des données suggèrent qu’un salarié serait interrompu en moyenne toutes les 3 minutes sur sa journée de travail [2]. Dès lors, comment pouvons-nous demander la réalisation de tâches cognitives complexes ?

Heureusement, il est tout à fait possible de reprendre la main sur nos pratiques de (dé)connexion, au travail comme en dehors. Et pour cela, nul besoin d'attendre de nouvelles législations. À la manière de Google et Apple, les organisations peuvent et doivent permettre à leurs collaborateurs de prendre conscience de leurs pratiques de connexion. C'est seulement lorsque que cette prise de conscience aura eu lieu qu'il sera possible d'expérimenter de nouveaux comportements face au digital, pour plus de bien-être et de performances.
 

Force est de constater que nous sommes bien loin de ces préconisations d'autant tout est fait pour équiper les salariés qui sont connectés a 1000% avec l'entreprise soir et week-end et dont on trouve presque anormale le fait de ne pas l'être...cependant le DIGITAL utilisé par tous ne doit pas faire oublier les conséquences elle bien réelle sur la santé des salariés et la qualité de vie et ceci de façon invisible. 


Bonne fin de semaine et bon Week-end.


---------------------------------------------------------------------------------------- [1] Clapp WC, Rubens MT, Gazzaley A (2010) Mechanisms of working memory disruption by external interference. Cereb Cortex.
[2] Gonzàlez V.M. and Mark G. (2004). Constant, Constant, Multi-tasking Craziness”: Managing Multiple Working Spheres. HCI Letter.

source:l'usine nouvelle - Octobre 2018.

lundi 1 octobre 2018

#Accord Cadre - Définition Bis





La négociation entre syndicats et patronat sur la définition de l'encadrement, suspendue depuis la mi-mars, va reprendre cette semaine, alors que le Medef a désigné son nouveau chef de file pour ces discussions, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.
Syndicats et patronat avaient lancé fin 2017 cette négociation sur l'encadrement qui découle de la disparition programmée de l'Agirc, régime de retraite complémentaire spécifique des cadres.

Celui-ci fusionnera en 2019 avec l'Arrco, régime de retraite complémentaire pour tous les salariés du privé.

Lors de l'accord trouvé en octobre 2015 entre trois syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC) et le patronat pour renflouer les retraites complémentaires, la CFE-CGC avait conditionné sa signature à l'ouverture d'une négociation pour définir l'encadrement dans un accord national.
Succédant à Serge Vo-Dinh, parti "pour des raisons personnelles", le directeur général du Medef, Michel Guilbaud, va piloter cette négociation pour l'organisation patronale, a déclaré à l'AFP un porte-parole du Medef.

Le départ de M. Vo-Dinh avait conduit le Medef à annuler les réunions bilatérales prévues à la rentrée. Le Medef "nous a proposé des dates de réunions bilatérales, le 26 septembre et le 1er octobre, mais aucune date de réunions plénières", a indiqué Pascale Coton, vice-présidente confédérale de la CFTC, qui sera reçue mercredi. Maintenant, "il faut aller vite", a-t-elle souhaité, mettant en garde contre "des négociations a minima".

La CFE-CGC, qui a aussi rendez-vous mercredi, estime possible d'aboutir à un accord avant la fin de l'année, a indiqué son secrétaire national, Gérard Mardiné, alors que l'élection du patron du Medef avait bloqué la négociation au printemps. "Chacun a travaillé de son côté. On va voir dans quel état d'esprit est chaque délégation", a-t-il ajouté.

Pour l'Ugict-CGT, qui a rendez-vous "le 1er octobre avec le Medef", ces réunions marquent "un frémissement de reprise". Mais "on repart à zéro après avoir perdu beaucoup de temps", a regretté Marie-José Kotlicki, secrétaire générale du syndicat CGT des ingénieurs, cadres et techniciens.

"Les choses semblent bouger. Espérons que cela soit dans le bon sens", a souligné Eric Peres, secrétaire général de FO-Cadres.
Seulement deux réunions plénières ont eu lieu jusqu'à présent.

La notion d'encadrement n'est pas définie dans le code du travail. Ses contours reposent essentiellement sur la convention fondatrice de l'Agirc en 1947, qui liste les bénéficiaires automatiques du statut cadre, et sur un accord national interprofessionnel de 1983.


 A suivre